Une langue régionale

Le créole réunionnais bénéficie aujourd’hui du statut de langue régionale. 

Que cela signifie-t-il ?

Une langue régionale est, du point de vue géographique, parlée dans une région faisant partie d’un État plus vaste : elle peut y être localement majoritaire, ou non. Selon la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires : l‘adjectif « régional » concerne les langues parlées dans une partie limitée du territoire d’un État, dans laquelle elles peuvent, par ailleurs, être parlées par la majorité des citoyens. Du point de vue du statut politique, elle est différente de la langue officielle de l’État où elle est parlée. En France, il s’agit bien sûr du français : les langues régionales n’y ont pas de statut officiel et ne peuvent être utilisées dans aucun service public et aucune administration (elles peuvent cependant être enseignées).

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Mais les langues officielles, dont notre créole réunionnais, pourraient bien, à l’avenir, bénéficier de plus de reconnaissance. En effet, les députés français ont récemment voté en faveur d’une modification de la Constitution permettant de ratifier la « Charte européenne des langues régionales ».

Cette charte, rédigée en 1992, est destinée à protéger et promouvoir l’emploi des langues « régionales ou minoritaires » dans l’enseignement, les médias ou les services administratifs. Le processus de ratification en France a été gelé après une décision du Conseil constitutionnel en juin 1999, estimant qu’elle était contraire à l’égalité devant la loi de tous les citoyens d’une part, et au fait que « la langue de la République est le français » (article 2 de la Constitution) d’une autre.

Si les Sénateurs votent à leur tour en faveur d’une modification de la Constitution, le gouvernement devrait proposer un projet de loi constitutionnelle reprenant les termes de la proposition de loi. Le statut des langues régionales changeraient alors !

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À la Réunion, la place du créole dans la société fait débat. Alors que l’usage du créole dans les administrations est une réalité, les opinions divergent quand à la place qu’il faudrait lui accorder (en ce qui concerne par exemple l’enseignement du créole dans les écoles).

Axel Gauvin, président de Lofis la lang kréol La Rénion, souhaite une meilleure prise en compte du créole dans l’administration, mais aussi dans l’enseignement et la culture. De même, Daniel Honoré, écrivain, conteur, gardien de la langue créole, explique dans le Quotidien du 29 janvier 2014 :

La langue créole, comme le breton, l’occitan ou les autres langues régionales méritent un soutien fort. Pour l’écriture, notamment les romans, même après quarante ans de travail, les gens pensent qu’on ne peut écrire qu’en français. Il y a encore des domaines comme ça interdits à la langue créole. Pourtant, écrire en créole ce n’est pas enfermer l’écriture. Les langues régionales ne mettent pas en danger la langue officielle, le français. Au contraire, c’est une richesse. On doit amener les gens à en prendre conscience. Pas seulement en discutant mais en produisant des œuvres qui démontrent. L’écriture c’est là le chapitre le plus important de notre combat. »

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Et vous, parlez-vous une langue régionale ? Quel est votre avis sur la place qui devrait être accordée à ces langues ? Votre opinion intéresse le Margouillat ! 

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